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L’ACCOUCHEMENT DURANT UNE PANDÉMIE MONDIALE
2020/08/17

L’ACCOUCHEMENT DURANT UNE PANDÉMIE MONDIALE

Comme si donner naissance n’était pas suffisamment imposant en soi, l’aborder dans le contexte d’une pandémie mondiale peut facilement semer la confusion et le doute. L’accouchement, dans sa fonction naturelle, est un événement magnifique infusé de romance. Aucune femme ne devrait se voir démunir d’un moment si précieux due à la Covid-19. La naissance de votre enfant, après tout, est votre premier rendez-vous galant d’une vie!

 

*** Le terme « femme » ainsi que la conjugaison au féminin est utilisée dans ce texte pour la simplicité de compréhension mais s’applique à tout individu, ayant la capacité physique de donner naissance à un enfant. ***

 

La pandémie mondiale de la Covid-19 a donné place à plusieurs débats face aux droits des femmes qui accouchent. Suite à la mise en place de multiples protocoles ‘Covid-19’ semblant limiter les droits des femmes qui enfantent, beaucoup ont ressenti le besoin de s’exprimer face aux besoins de ces dernières: des femmes n’ayant pas à accoucher durant la pandémie, des femmes n’ayant jamais donné naissance, et bien sur, des hommes. Par contre, il y a une voix qui ne s’est pas laissée donner beaucoup de place pour s’exprimer: celle des femmes qui ont enfanté ou doivent enfanter, dans le contexte de la pandémie. Entre autre, la seule voix qui compte.

 

Étant moi-même enceinte au début de la pandémie, j’ai cru d’abord que nous verrions un changement positif au niveau de l’approche de l’enfantement: une diminution des interventions médicales non nécessaires (celles-ci représentants un risque d’infection à la covid-19 tant pour le personnel que pour la femme). Par contre, après plusieurs conversations avec des sages-femmes, infirmiers et infirmières, et médecins du domaine, on m’avoue tout bas que c’est le contraire qui s’annonce. Avec optimisme, j’ai refusé de le croire, jusqu’à ce que l’évidence me soit mis devant les yeux: des protocoles strictes éclatent dans certains hôpitaux.

 

  • Aucun partenaire permis aux naissances
  • Épidurales obligatoires
  • Inductions systématiques à 39 semaines de grossesse
  • Annulation des accouchements à domicile
  • Interdiction des Doulas aux naissances (accompagnantes professionnels de la naissance)
  • Absence des partenaires dans la salle d’opération lors des césariennes
  • Port du masque obligatoire durant la poussée
  • Aucune entrée ou sortie du partenaire de la chambre
  • Annulation de tout accouchement à domicile par les sages-femmes

 

Et pire encore: la séparation du nouveau-né de sa mère pour deux semaines si celle-ci est positive pour la Covid-19. Bien que ceci soit à l’encontre des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (WHO, 2020). Les femmes qui osent s’exprimer se font dire qu’elles sont enfantines et qu’elles devraient plutôt ‘prendre le coup’, réponse démontrant que la patriarchie est toujours présente dans notre société. Ce n’est pas la faute des médecins individuellement, mais bien de l’ensemble du système de la santé qui néglige de réviser l’histoire des soins obstétriques, et les conséquence de la direction actuelle.

 

On oublie souvent que par l’enfantement on peut vouloir plus qu’un bébé en santé et assurer sa propre survie. L’enfantement représente souvent un rêve, rédigé soigneusement sur plusieurs années. Nous avons le droit, en temps qu’accoucheuse, de le vivre pleinement, dans son entièreté, et ce, avec intégrité. De là l’importance, surtout dans le contexte de la pandémie, de protéger le narratif de cette expérience des plus exaltante (et oui exaltante!) et transformative! Par l’entremise de ressources, les femmes peuvent s’éduquer pour avoir en leurs mains la confiance d’accepter ou de refuser les interventions médicales qui leur sont proposées. De telles ressources peuvent être mises à votre disposition en contactant BeBaby.

 

La pandémie ne justifie pas le sacrifice d’un événement aussi important dans la vie d’une femme et de son enfant à naître. Bien au contraire, sa protection devient primordiale.

 

Bien que dans plusieurs hôpitaux les protocoles aient été révisés, la situation actuel demande une certain préparation supplémentaire pour s’assurer d’une belle expérience lors de son accouchement. Voici quelques trucs et astuces, ainsi que de l’informations pertinentes pour vous aider à mieux vous préparer:

 

Au niveau des soins octroyer par les Sages-Femmes:

Les accouchements à domiciles sont maintenant permis. La demande pour les suivis par des Sages-femmes, que ce soit pour un accouchement à domicile ou en centre des naissances, sont d’ailleurs à la hausse puisque beaucoup de femmes se sentent inconfortables à l’idée d’accoucher à l’hôpital durant la pandémie. Il est donc important d’appeler le plus tôt possible pour inscrire son nom sur la liste d’attente. De plus, nous vous encourageons à tenter plusieurs centres de sages-femmes dans votre région pour augmenter vos chances. Plusieurs centres ont augmenté le nombre de femmes qu’ils acceptent de prendre en charge pour subvenir aux besoins grandissants de la population. Plusieurs femmes ont même réussis à transférer leur soins à une sage-femme au court du troisième trimestre, situation des plus rare en temps normal. Les Doulas, ou accompagnantes à la naissance, vous sont permises avec les sages-femmes depuis quelques semaines. Celles-ci ont aussi vu une augmentation dans la demande de leurs services suite à la hausses des interventions médicales non-désirées secondaire aux protocoles de la Covid-19, notamment lors des accouchements à l’hôpital.

 

Au niveau des soins octroyés par les obstétriciens:

Plusieurs hôpitaux ont révisé leurs protocoles, mais pas tous. Il est donc important de demander à votre médecin ce qui est permis et ce qui ne l’est pas dans l’établissement où vous avez prévu donner naissance. Ne soyez pas gênée. Si l’endroit de pratique de votre médecin oblige le port du masque lors de la poussée, ou ne permet pas les Doulas, par exemple, et que ces points sont importants pour vous, il est tout à fait dans vos droits de changer de médecin. Il est aussi important de demander combien de chambres privées sont disponibles et si, généralement, il y en a assez pour tout le monde. Cette question est souvent mieux répondue en appelant l’accueil du centre.

 

Vos droits de refus d’interventions

Bien entendu, dans certaines circonstances, des interventions médicales peuvent être nécessaires. Par contre, c’est vous et vous seule, qui devriez être la juge de quand et pourquoi certaines interventions doivent avoir lieu. Par exemple, la pose de l’épidurale, est un choix qui vous revient. Bien qu’elle soit communément proposée ou même fortement encouragée par les infirmières et les médecins, celle-ci à un impact significatif sur le processus de l’accouchement et il est important de ne pas se sentir poussé et de prendre la bonne décision pour vous! Je vous encourage donc de faire des recherches sur les interventions mentionnées ci-bas et de décider dans quels contextes vous voudriez les recevoir ou pas. Vous avez toujours le droit de refuser une intervention, et le non-respect de votre demande est un acte sévèrement punissable. Si l’on vous dit que la Covid vous en oblige, sachez que vos droits de refus restent les mêmes.

 

  • Provocation d’accouchement
  • Vérification digitale du col de l’uterus durant la grossesse et l’accouchement
  • Étirement manuel du col de l’utérus
  • Rupture synthétique de la poche des eaux
  • Césarienne
  • Monitorage fœtale continue (nécessaire lors de l’usage de l’épidurale, la provocation, et l’augmentation du travail par l’oxytocin synthétique)
  • Épisiotomie
  • Sectionnement du cordon ombilical précoce
  • Gestion active de la sortie du placenta

 

Recommandations par une infirmière en maternité

Pour assurer votre confort et satisfaction lors de votre séjour, soit à l’hôpital ou au centre des naissances, quelques recommandations simples m’ont été partagées par des infirmières dans le domaine:

  • Apportez le double de ce que vous croyez avoir besoin, en ce qui concerne les couches, les lingettes, les serviettes sanitaires et les sous-vêtements
  • Apportez-vous beaucoup de collations et de boissons
  • Ne soyez pas inquiètes face à la possibilité d’une infection à la Covid. Le personnel prend des précautions diligentes pour vous protéger

 

Les nouveaux protocoles impliquent que les membres de familles et amis ne pourront pas venir voir maman et bébé lors de leur séjour à l’hôpital. Bien que cela puisse être décevant, il y a plusieurs bienfaits à cette situation. La tranquillité des premiers jours suite à la naissance vous permettra de mieux vous reposer, de prendre le temps de bien établir l’allaitement, et de vous dorloter dans votre intimité avec votre nouveau bébé, promouvant l’attachement maternelle. Ceci diminue de manière significative la dépression postnatal.

 

Ne laissez pas la pandémie anéantir vos rêves et attentes face à votre accouchement. Il est tout à fait possible d’avoir une expérience des plus positives et magnifiques. Il suffit simplement d’être bien informée, de s’assurer de l’endroit et du professionnel avec qui l’on désire accoucher, et se souvenir, que votre accouchement vous appartient, et seule vous pouvez décider ce qui en fera parti.

 

World Health Organization. 2020. Breastfeeding and Covid-19. https:// www.who.int/news-room/commentaries/detail/breastfeeding-andcovid-19#:~:text=Mother%20and%20infant%20should%20be,confirmed%20CO VID%2D19.

 

 

Samantha St-Louis, RN, BN
Fondatrice & Directrice
BeBaby.ca
- Sabrina Sauvé
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